Histoires de famille

Synthèse

JacquesEn février 1954, dans le quartier de la bourse à Paris, Jacques Fesch, fils d’une famille de notables de Saint-Germain-en-Laye dont la lignée est celle du Cardinal Joseph Fesch, (l’oncle maternel de Napoléon Bonaparte) tue un agent de police au terme d’un braquage raté suivi d’une fuite. Il est vite retrouvé et jugé au cours d’un procès (1) retentissant. Le 1er octobre 1957, alors âgé de 27 ans, dans la cour de la prison de la Santé, il est guillotiné. Entre l’énoncé de la sentence et son exécution, il vit dans sa cellule une expérience de conversion mystique dont il donne sur papier les détails qui lui vaudront une autre célébrité (journal spirituel « Dans cinq heures je verrai Jésus»). Deux semaines avant son incarcération, en cet hiver 1954, le jeune homme passe ses nuits à écouter du jazz dans les caves de Saint-Germain-des-Prés et fait la connaissance d’une demoiselle Thérèse Troniou.

De cette brève rencontre, la jeune fille alors mineure, tombe enceinte de Jacques Fesch. Elle accouche d’un garçon prénommé Gérard et aussitôt confie son enfant à l’Assistance Publique. Placé dans une douzaine de familles d’accueil, Gérard grandit sans connaître l’identité de ses géniteurs. En 1964, sous la pression de la famille de Jacques et en contrepartie d’un dédommagement financier important, Thérèse Troniou demande à l’Administration que la première lettre du nom de son enfant soit changée et impose un secret « absolu » sur sa naissance.

Ce n’est qu’en 1994 que Gérard Droniou, 40 ans, découvre par hasard, en lisant l’Express que son père est sans nul doute Jacques Fesch, un criminel, qui fait l’objet d’une enquête en béatification de la part du Vatican. De fil en aiguille, il tente de renouer avec la famille de son père, puis avec sa mère, Thérèse, qui refuse de lui parler et de le rencontrer. Ayant éclairci le mystère de sa filiation, il sait que Jacques Fesch, à plusieurs reprises, se soucia de l’avenir de son fils et qu’il demanda avec insistance à sa famille ainsi qu’à son avocat (Me Baudet) de retrouver Gérard afin de le protéger. Le condamné rédigea même la veille de son exécution une lettre de reconnaissance à l’attention de son fils. Repoussé par Véronique Toury (sa demi-sœur) (2), il entame une action en justice et obtient 14 années plus tard, conformément aux volontés de son père, le droit de s’appeler Fesch et est ainsi reconnu comme l’enfant naturel de Jacques Fesch.

Gérard se soumettra, à la demande de Monique Fesch (la sœur de Jacques) à un test ADN : les résultats confirmeront qu’il est bien le fils de Jacques Fesch.

En 2012, au terme d’une nouvelle procédure et malgré le secret imposé par sa mère, il est également reconnu comme le fils naturel de Thérèse Troniou.

« Tous les pères ne sont pas à la fois criminel, écrivain et peut-être saint… »

Ce père quoi qu’il ait commis, avait laissé la preuve de son amour et de son désir de paternité. Cette simple lettre à participé à la reconstruction de Gérard et lui a peut-être permis de survivre à une maladie dont le diagnostic s’avérait sans appel. Tout en recherchant ses origines, Gérard a exercé le métier de musicien en tant que trompettiste, ignorant que son père avant lui, jouait également de la trompette.


  1. Un procès bâclé :
    – Les votes des jurés falsifiés par le président de la Cour d’Assise / Le rapport de la balistique présenté de manière incomplète. {Ne lui aurait on pas coupé la tête trop rapidement ?}
  2. Plus que des doutes subsistent quant à la paternité de Véronique :
    – Une révélation douloureuse, d’ordre familiale  à été faite par Pierrette à Jacques lors d’un parloir. Jacques taira le contenu de cette révélation de peur que Véronique puisse en être informée. Cette révélation sera à l’origine de la conversion de Jacques Fesch.

    – Des doutes sérieux ont également été exprimés par Monique (sa propre tante et belle-mère) sur la paternité de sa nièce et belle fille notamment du fait de sa maladie orpheline, inconnue dans la famille et qui lui sera fatale.